Exposition

La Cité du design et le MAMC+ présentent L’Ornement est un crime

30 juin 2018 - 6 janvier 2019, Cité du design de Saint-Étienne

PAULIN Pierre
Fauteuil Ribbon chair,1966
Objet/Design, Fauteuil
Armature en tube d'acier, piétement en bois laqué, garniture en mousse latex, revêtement jersey de polyamide (PA)
70 x 105 x 80 cm
Yves Bresson/MAMC+PAULIN Pierre - Fauteuil Ribbon chair,1966
Objet/Design, Fauteuil Armature en tube d'acier, piétement en bois laqué, garniture en mousse latex, revêtement jersey de polyamide (PA) - Yves Bresson/MAMC+
Catégorie : Exposition
Publié le : 01 Juin 2018
La Cité du design et le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC+) proposent un accrochage de la collection de design du MAMC+. Riche d'une centaine de pièces majeures, L'Ornement est un crime met en lumière l'interdit qui frappe l'ornement dans la production artistique au XXe siècle (1910-1970). Considéré comme inutile, bourgeois et primitif, l'ornement est, pour les tenants de la modernité, « une survivance du passé », un archaïsme barbare qu'il faut éradiquer. Le commissariat de l'exposition est confié à Agnès Lepicard, responsable du département des collections du MAMC+. Éric Bourbon, scénographe à la Cité du design, en assure la mise en espace.

De l'éclectisme ornemental à l'industrialisation des objets

L'ornement est partout, de la façon la plus naturelle qui soit, dans la manière d'agrémenter nos corps, d'embellir nos maisons et de fleurir nos villes. Pourtant, au début du XXe siècle, se développe la conviction que l'ornement doit disparaître. En 1908, l'architecte et designer Adolf Loos (1870-1933) publie Ornement et crime, violent pamphlet contre le« fléau ornementaliste de l'art ». Cette condamnation sans appel accompagne la rapide industrialisation de l'Occident. L'heure est aux formes simples, à la valorisation du support au détriment du décor. Une transformation qui fait écho à l'histoire de Saint-Étienne, haut-lieu de la révolution industrielle et de ses« manufactures ». 


Du tournant de la Deuxième Guerre mondiale à la remise en cause du fonctionnalisme

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la question de l'ornement prend un nouveau tournant. Les designers, qui ont participé à l'effort de guerre, sont en première ligne de la reconstruction. Les solutions expérimentées dans les années 1930 connaissent une véritable accélération : rationalisation de la production, préfabrication, remise à l'honneur du bois dans un contexte de pénurie de l'acier. Dans les années 1950, l'idéologie fonctionnaliste est à son apogée. L'exposition consacre notamment une section à Dieter Rams et à l'école d'Ulm qui plaident pour un design d'une sobriété absolue. Pourtant, des voix s'élèvent déjà contre le fonctionnalisme froid, symbole d'une modernité devenue quelconque et des effets pervers de la société de consommation. Le mouvement hippie et la culture pop réhabiliteront les valeurs que les modernistes avaient évacuées : couleurs vives, formes rondes, mousses et tissus, etc.

Valoriser la collection design du MAMC+ et sensibiliser les publics

Le MAMC+ et la Cité du design coproduisent cette exposition dans un double objectif de valorisation d'un fonds remarquable et de sensibilisation au design historique et contemporain. La collection design du MAMC+, est en effet l'une des plus importantes en France, véritable référence au niveau national. La Cité du design - acteur majeur d'un écosystème innovant- a pour mission de rendre le design accessible au plus grand nombre. Cette collaboration est donc une belle occasion pour ces deux structures culturelles majeures de la Métropole de Saint-Étienne d'unir leurs compétences vers la réalisation d'un projet commun.